Poser une chape liquide anhydrite comme le FlowScreed Plus impose de respecter des délais précis avant de pouvoir circuler, poser un revêtement ou lancer la mise en chauffe. Se tromper sur ces temps de séchage, c’est risquer des fissures, des remontées d’humidité sous le carrelage ou le parquet, voire un décollement du revêtement quelques mois après la pose.
En résumé, comptez environ 24 à 48 heures avant de pouvoir marcher sur la chape, et de 5 à 7 jours par centimètre d’épaisseur pour atteindre le taux d’humidité compatible avec la pose d’un revêtement de sol. Ces chiffres varient selon la ventilation, la saison et l’épaisseur de chape retenue, mais ils constituent la base de tout planning de chantier.
Temps de séchage de la chape liquide anhydrite FlowScreed Plus
Le FlowScreed Plus fait partie des chapes fluides à base de sulfate de calcium, réputées pour leur planéité naturelle et leur retrait limité comparé à une chape ciment classique. Le fabricant communique généralement deux délais distincts qu’il faut bien différencier pour ne pas se tromper sur le planning du chantier.
Délai de séchage initial (circulation)
Le séchage initial correspond au moment où la chape a suffisamment durci en surface pour supporter le poids d’une personne sans marquer ni s’écraser. Pour le FlowScreed Plus, ce délai se situe généralement entre 24 et 48 heures après la coulée, à condition que la température ambiante reste stable et que le local ne soit pas exposé à des courants d’air violents qui accélèreraient un séchage superficiel trop rapide.
Durant cette phase, aucune charge lourde ne doit être posée sur la chape, et il faut éviter toute circulation avec des chaussures à talons ou des outils pointus qui marqueraient la surface encore tendre.
Délai complet avant pose de revêtement
Le délai de séchage complet est celui qui compte réellement pour la pose du revêtement de sol. On applique traditionnellement la règle du 1 cm d’épaisseur = 1 semaine de séchage minimum, mais cette formule reste indicative. Pour une chape anhydrite de 5 cm, il faut ainsi compter environ 5 à 7 semaines avant de vérifier le taux d’humidité résiduelle, qui doit descendre sous les 0,5 % CM pour du carrelage et sous 0,3 % CM pour un parquet collé ou flottant.
| Étape | Délai indicatif | Condition à respecter |
|---|---|---|
| Circulation légère | 24 à 48 h | Pas de charge lourde, éviter les chocs |
| Séchage complet (5 cm) | 5 à 7 semaines | Humidité résiduelle sous 0,5 % CM |
| Pose parquet collé | + vérification stricte | Humidité sous 0,3 % CM |
| Mise en chauffe plancher chauffant | Après séchage complet | Montée progressive sur plusieurs jours |
Facteurs qui influencent le temps de séchage
L’épaisseur de chape reste le facteur le plus déterminant : chaque centimètre supplémentaire allonge mécaniquement le délai de séchage, puisque l’eau contenue dans le sulfate de calcium doit s’évaporer de manière homogène dans toute la masse. Une chape trop épaisse coulée sans réflexion sur le planning se transforme vite en cause de retard sur un chantier serré.
La ventilation du local joue également un rôle majeur. Une pièce fermée, sans renouvellement d’air, ralentit fortement l’évaporation et peut multiplier le délai par deux. À l’inverse, un courant d’air trop fort en surface crée un séchage en croûte qui piège l’humidité en profondeur, un phénomène particulièrement problématique avec l’anhydrite.
L’hygrométrie ambiante et la saison comptent aussi : un chantier lancé en plein hiver, avec un chauffage encore éteint, prendra nettement plus de temps qu’une pose en été avec un air sec et une température stable autour de 20 °C. Enfin, la présence d’un film polyane sous la chape, destiné à limiter les remontées capillaires depuis le support, n’a pas d’incidence directe sur le séchage par le haut, mais garantit que l’humidité mesurée en surface reflète bien l’état réel de la chape.
Comparaison : séchage anhydrite vs ciment

La chape ciment traditionnelle sèche généralement plus lentement que la chape anhydrite pour une épaisseur équivalente, tout en présentant un retrait plus marqué qui peut générer des fissures de surface. La chape liquide anhydrite, grâce à sa composition à base de sulfate de calcium, offre une planéité supérieure et un séchage plus régulier dans la masse, ce qui explique sa popularité pour les sols avec plancher chauffant.
En contrepartie, l’anhydrite reste beaucoup plus sensible à l’eau pendant toute la phase de séchage : une infiltration ou un dégât des eaux avant durcissement complet peut compromettre la totalité de la chape, alors qu’une chape ciment tolère mieux une humidité accidentelle. Ce point mérite d’être anticipé sur les chantiers exposés aux intempéries ou aux fuites de canalisation en cours de rénovation.
L’erreur classique avec le taux d’humidité : beaucoup de poseurs se basent sur le calendrier théorique sans jamais mesurer réellement le taux d’humidité résiduelle avec une bombe à carbure ou un hygromètre au carbure de calcium. Deux locaux identiques, coulés le même jour, peuvent afficher un écart de plusieurs semaines selon leur exposition. Seule une mesure fiable évite les mauvaises surprises sous le revêtement.
Mise en chauffe du plancher chauffant : protocole et délais
Quand la chape anhydrite recouvre un plancher chauffant, la mise en chauffe ne peut démarrer qu’une fois le séchage naturel complet atteint, jamais avant. Le protocole classique consiste à monter la température progressivement, par paliers de quelques degrés par jour, jusqu’à atteindre la température de service, puis à redescendre progressivement avant la pose du revêtement final.
Cette montée en température accélère l’évacuation de l’humidité résiduelle emprisonnée dans l’épaisseur de la chape, mais elle doit impérativement rester progressive : un choc thermique trop brutal provoque des microfissures et compromet la planéité obtenue lors du coulage. La durée totale de ce protocole s’étale généralement sur une à deux semaines, en fonction de l’épaisseur de chape et de la puissance du réseau de chauffage.
Erreurs à éviter pendant le séchage

La précipitation reste l’écueil le plus fréquent sur ce type de chantier. Poser un carrelage ou un parquet sans avoir vérifié le taux d’humidité expose à des remontées d’eau qui décollent le revêtement ou favorisent le développement de moisissures sous les lames, un risque à limiter en consultant notre comparatif sur le choix d’une sous-couche pour parquet. Le recours à un primaire d’accrochage adapté ne compense jamais un séchage insuffisant : il facilite l’adhérence, mais ne neutralise pas l’humidité résiduelle.
Autre point souvent négligé : la laitance qui se forme parfois en surface de la chape doit être éliminée par un ponçage léger avant toute application de primaire ou de colle. Un ponçage bâclé, ou réalisé trop tôt alors que la chape n’a pas fini de durcir, laisse des résidus qui fragilisent l’accroche du revêtement final. Il vaut mieux attendre que la surface soit bien stabilisée avant d’intervenir.
Enfin, ventiler correctement le chantier sans créer de courants d’air localisés, protéger la chape de toute infiltration accidentelle et espacer les relevés d’humidité dans le temps permettent d’obtenir une chape fiable, prête à recevoir carrelage, parquet ou tout autre revêtement de sol sans risque de désordre ultérieur.






