Diagnostic air intérieur : l'air que vous respirez est-il pollué ?

Page mise à jour le 04 septembre 2013

Diagnostic air intérieur

Respirez la santé grâce au diagnostic air intérieur

Si l'on s'interroge parfois sur la qualité de l'eau que l'on boit ou des aliments que l'on mange, il est une pollution, toute aussi insidieuse et dangereuse, à laquelle on ne prête que rarement attention : celle qui contamine l'air que l'on respire lorsque l'on se trouve dans un endroit clos (bâtiment public, logement, etc.). Invisible, souvent inodore, la pollution de l'air intérieur fait pourtant peser un risque bien réel sur notre santé. Conscient du problème, le gouvernement entend désormais faire de la lutte contre cette pollution un objectif sanitaire majeur en imposant la réalisation d'un diagnostic air intérieur à un grand nombre de bâtiments accueillant du public. Quant à l'air des logements individuels, certains professionnels spécialisés proposent d'ores et déjà d'en évaluer la qualité.

Pourquoi un diagnostic air intérieur ?

Que l'on soit dans un logement ou dans un établissement recevant du public (ERP), l'air que l'on respire est susceptible de contenir un très grand nombre de polluants provenant de sources diverses. En matière de qualité de l'air intérieur, on estime généralement qu'une personne peut être exposée à une source de pollution de deux manières différentes : une exposition brutale mais éphémère (comme c'est le cas lors d'une intoxication au monoxyde de carbone) ou une exposition moins intense mais prolongée. C'est l'existence de cette dernière qu'un diagnostic air intérieur tentera d'identifier.

L'une des principales difficultés à laquelle le professionnel en charge du diagnostic air intérieur est confronté réside dans la très grande diversité des polluants. Ceux-ci peuvent ainsi provenir de l'extérieur d'un bâtiment et le pénétrer au travers des systèmes de ventilation, être issus des matériaux de construction ou de décoration, avoir été propagés par l'intermédiaire de produits d'entretien ou encore être associés à une présence animale voire humaine.

Créé en 2001 sous l'impulsion du ministère du Logement, l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur a pu identifier une centaine de composés polluant susceptibles d'être inhalés par une personne se trouvant dans un lieu clos. Répartis en 4 grandes catégories (selon leur dangerosité), ces polluants comprennent notamment le formaldéhyde, le benzène, le radon, les allergènes de chien et de chat, les acariens, le plomb ou encore le dioxyde d'azote.

Un diagnostic pour les établissements publics

A l'initiative du ministère de l'Ecologie, deux décrets datés du 5 janvier 2012 visent à évaluer les moyens d'aération et à garantir la qualité de l'air intérieur de certains établissements recevant du public. Si le premier décret détermine les concentrations de formaldéhyde et de benzène qu'il convient de ne pas dépasser, le second (décret n°2012-14) instaure l'obligation pour ces bâtiments de se soumettre à la réalisation d'un diagnostic air intérieur. Devant être effectué d'ici au 1er janvier 2015, cet examen concerne notamment les crèches, les écoles, les centres sanitaires et sociaux, les établissements pénitentiaires pour mineurs ou encore les centres de loisirs.

Un diagnostic pour les logements individuels

Si la réalisation d'un diagnostic air intérieur ne relève d'aucune obligation en ce qui concerne les logements individuels (maisons ou appartements), elle peut en revanche présenter un intérêt indéniable pour certains propriétaires (personnes âgées, souffrant d'une pathologie ou couple avec enfant en bas-âge notamment).

Les propriétaires ou occupants souhaitant estimer la qualité de l'air qu'ils respirent au quotidien peuvent ainsi faire appel à un professionnel qui se chargera de procéder au diagnostic air intérieur de leur logement. A noter que certaines entreprises proposent aux particuliers de réaliser eux-mêmes une première estimation par l'intermédiaire de kits d'analyse dédiés.

Quand réaliser un diagnostic air intérieur ?

Concernant l'analyse de l'air intérieur d'un logement, le diagnostiqueur interviendra dans la plupart des cas à la demande de l'occupant. Si peu de particuliers éprouvent le besoin de faire réaliser un tel diagnostic immobilier, d'autres en revanche considèreront cet examen comme une nécessité. Pour ceux-ci, un diagnostic air intérieur représentera bien souvent la première étape vers la résolution de leur problème. Selon les cas, évoluer au sein d'un environnement pollué peut se traduire par l'apparition d'une simple gêne (odeurs persistantes par exemple) mais également par le développement progressif d'une pathologie (irritation de la peau ou des yeux, difficultés respiratoires, somnolence, etc.). Constater l'apparition inattendue de l'un ou l'autre de ces signaux doit ainsi inciter le particulier à s'interroger sur la qualité de l'air de son logement.

Procédure et points de contrôle

Dans le cadre d'un diagnostic air intérieur effectué au sein d'un établissement recevant du public (ERP), le professionnel procèdera à de nombreuses prises de mesures destinées à intégrer l'ensemble des paramètres susceptibles d'influer sur une éventuelle pollution. Si la température, l'hygrométrie, le taux de poussières ou encore la vitesse de circulation de l'air feront l'objet d'un mesurage précis, le diagnostiqueur s'attachera également établir la possible concentration de composés chimiques dans l'air. La recherche de certains polluants nécessitera la réalisation de prélèvements qui seront ensuite analysés en laboratoire.

Concernant la réalisation d'un diagnostic air intérieur au sein d'une habitation, si l'occupant peut très bien avoir recours à une procédure d'analyse similaire, il dispose toutefois de solutions moins onéreuses qui lui permettront de se faire une première idée de la qualité réelle de son air intérieur. Ils peuvent en effet se procurer des kits élaborés en fonction des pièces à expertiser ou des polluants à rechercher (le test sera alors réalisé par le particulier lui-même).

Remarque : le choix du professionnel procédant au diagnostic air intérieur d'un logement ou d'un bâtiment n'est pas à négliger. Celui-ci devra en effet être totalement indépendant et n'entretenir aucune relation avec une éventuelle entreprise de dépollution.